mardi 27 juillet 2010

Les farines animales, un risque qui ne vaut pas le coup !

L'Europe remet en cause certaines des mesures prises contre la vache folle. Une mauvaise idée selon l'eurodéputé Europe Ecologie.

José Bové aux Journées d'été des Verts à Toulouse, le 5 janvier 2009 (Audrey Cerdan/Rue89).

Les farines animales ont été interdites en 1990 au nom du principe de précaution, à l'époque du choc provoqué par la maladie de la vache folle. Alors que la maladie est en train de disparaître en Europe, la Commission européenne propose d'abandonner certaines mesures prises à l'époque, notamment lever l'interdiction du recours à certaines farines animales pour l'alimentation des non-ruminants (porcs, volailles, poissons).

En France, le ministère de l'Agriculture va faire évaluer les dangers éventuels et jure au Parisien que « s'il y a des incertitudes, on ne prendra aucun risque ».

José Bové, comme d'autres experts de l'agriculture, s'inquiète de la traçabilité de la filière et pense que « le risque ne vaut pas le coup » parce que les garanties manquent :

« [Si la Commission européenne autorise ces farines] on risque de les retrouver chez nous, même si on ne les autorise pas nous-mêmes.

On a déjà vu les gros fabricants britanniques de farines animales utiliser des filières pour passer par la Belgique, la Hollande, l'Espagne… »

Bové veut que l'Europe produise elle-même ses protéines

Surtout l'ancien leader de la Confédération paysanne souhaite déplacer le débat et juge qu'« il n'est pas nécessaire de réintroduire les farines animales ».

La Commission européenne serait selon lui prompte à céder aux pressions des « entreprises qui ne savent pas quoi faire de leurs stocks, et veulent rentabiliser les déchets », mais pas à se saisir du dossier politiquement. Comme l'a souligné l'AFP, « la principale organisation d'agriculteurs européenne, la Copa-Cogeca, s'est réjouie de ces propositions, en particulier concernant les farines animales et les tests ».

José Bové propose que l'Europe produise elle-même les protéines végétales dont ses ruminants ont besoin :

« Il faudrait remettre en cause les accords de Blair-House signés en 1992 et par lesquels l'Europe a accepté de limiter son soutien aux cultures de protéine végétale et s'est engagée à importer du soja américain sans droits de douane.

Avec une meilleure utilisation du colza et une reconversion de seulement 7% des surfaces en céréales, on pourrait réduire nos importations de protéines animales de 41%, c'est le ministère de l'Environnement français qui le dit. Sauf que quand j'ai interpellé Barroso [président de la Commission européenne, ndlr] sur ce sujet, il s'est mis en colère et m'a dit qu'il ne remettrait jamais en cause ces accords. »

Le débat risque d'être chaud à la rentrée.

Article publié sur Rue89 le 27 juillet 2010

2 commentaires:

Anonyme a dit…

les animaux sont herbivores pas omnivores.
Le Conseil National de l'Alimentation recrute à un niveau
de P4 pour aboutir à de telles dérives?

Anonyme a dit…

jose veut faire le bilan positif-negatif du gouvernement Hollande

Il va le trouver ou le point positif?