lundi 30 janvier 2017

Élections présidentielles 2017

Yannick Jadot est-il un fou égotique, un infiltré de droite pour faire capoter la gauche ou un sage (qui fait pression par la menace de sa candidature pour imposer ses vues) ? À suivre sur :  https://yannickjadot.blogspot.com

vendredi 1 mars 2013

Viande de cheval

TF1 News : Que peut faire l'Europe pour que ce type de tromperie des consommateurs ne se reproduise pas ?
José Bové, député européen : Ce qu'on peut faire de manière très claire, c'est saisir l'organe de lutte anti-fraude au niveau européen pour avoir une enquête complète. Nous venons de le faire. Nous avons aussi saisi l'ensemble des commissions pour la mise en place obligatoire d'un marquage précis sur les produits cuisinés.

TF1 News : Selon vous, il y a surtout derrière cette affaire "une logique financière" ?
J. B. : En Roumanie, il y a une loi qui a été votée et mise en œuvre en 2009-2010 pour interdire la circulation des charrettes sur les routes. Cela a entraîné des amendes de 125 euros, soit la moitié d'un salaire mensuel. Les gens se sont donc débarrassés de leurs chevaux et les ont revendus à des marchands peu scrupuleux. La production de viande équine a été multipliée par trois. Ces animaux de trait se sont retrouvés sur le marché et l'on fait plonger entre 50 centimes et 1 euro le kilo !

TF1 News : Cela suffit-il à expliquer une telle fraude ?
J. B. : Les intermédiaires savaient très bien comment se faire de l'argent, est-ce que ceux qui ensuite recevaient cette viande pour la transformer étaient au courant ? Était ce délibéré ou pas ? L'enquête le montrera. A partir du moment où le produit est 4 fois moins cher, il y a un intérêt économique évident pour des personnes peu scrupuleuses. C'est une explication, l'enquête dira s'il y en a d'autres...

mardi 27 juillet 2010

Les farines animales, un risque qui ne vaut pas le coup !

L'Europe remet en cause certaines des mesures prises contre la vache folle. Une mauvaise idée selon l'eurodéputé Europe Ecologie.

José Bové aux Journées d'été des Verts à Toulouse, le 5 janvier 2009 (Audrey Cerdan/Rue89).

Les farines animales ont été interdites en 1990 au nom du principe de précaution, à l'époque du choc provoqué par la maladie de la vache folle. Alors que la maladie est en train de disparaître en Europe, la Commission européenne propose d'abandonner certaines mesures prises à l'époque, notamment lever l'interdiction du recours à certaines farines animales pour l'alimentation des non-ruminants (porcs, volailles, poissons).

En France, le ministère de l'Agriculture va faire évaluer les dangers éventuels et jure au Parisien que « s'il y a des incertitudes, on ne prendra aucun risque ».

José Bové, comme d'autres experts de l'agriculture, s'inquiète de la traçabilité de la filière et pense que « le risque ne vaut pas le coup » parce que les garanties manquent :

« [Si la Commission européenne autorise ces farines] on risque de les retrouver chez nous, même si on ne les autorise pas nous-mêmes.

On a déjà vu les gros fabricants britanniques de farines animales utiliser des filières pour passer par la Belgique, la Hollande, l'Espagne… »

Bové veut que l'Europe produise elle-même ses protéines

Surtout l'ancien leader de la Confédération paysanne souhaite déplacer le débat et juge qu'« il n'est pas nécessaire de réintroduire les farines animales ».

La Commission européenne serait selon lui prompte à céder aux pressions des « entreprises qui ne savent pas quoi faire de leurs stocks, et veulent rentabiliser les déchets », mais pas à se saisir du dossier politiquement. Comme l'a souligné l'AFP, « la principale organisation d'agriculteurs européenne, la Copa-Cogeca, s'est réjouie de ces propositions, en particulier concernant les farines animales et les tests ».

José Bové propose que l'Europe produise elle-même les protéines végétales dont ses ruminants ont besoin :

« Il faudrait remettre en cause les accords de Blair-House signés en 1992 et par lesquels l'Europe a accepté de limiter son soutien aux cultures de protéine végétale et s'est engagée à importer du soja américain sans droits de douane.

Avec une meilleure utilisation du colza et une reconversion de seulement 7% des surfaces en céréales, on pourrait réduire nos importations de protéines animales de 41%, c'est le ministère de l'Environnement français qui le dit. Sauf que quand j'ai interpellé Barroso [président de la Commission européenne, ndlr] sur ce sujet, il s'est mis en colère et m'a dit qu'il ne remettrait jamais en cause ces accords. »

Le débat risque d'être chaud à la rentrée.

Article publié sur Rue89 le 27 juillet 2010